mardi 30 juillet 2013

Les conscrits mutilés volontaires

En 1798, la loi Jourdan-Delbrel met en place le service militaire obligatoire. "L'armée se forme par enrôlement volontaire et par la voie de la conscription".
En 1804, la mise en place d'un système de tirage au sort fut institué, et chaque commune devait founir un certain quota d'hommes âgés de 18 à 30 ans. Quelques moyens légaux existaient pour échapper à la conscription, notamment les soutiens de famille, le mariage, et l'infirmité.

L'administration dût faire face à de nombreuses mutilations volontaires de jeunes gens ne souhaitant pas partir à travers l'Europe et le Monde sur les différents champs de bataille (et on peut facilement les comprendre...). Ainsi de nouvelles lois ont vu le jour pour punir durement ces mutilés volontaires.

La première est celle du 8 fructidor An 13 :



 Puis la loi du 6 janvier 1807, article 4 :
 
 
En 1806, des compagnies de pionniers sont ainsi créées, quatre pour débuter, dont une se trouvait à Poitiers. Forcément, se retrouver dans ce genre de corps de pionniers promettait un dur labeur, mais la sanction se voulait exemplaire !

Si bien que dans la presse locale de la Vienne, on retrouve en janvier1808, le nom de ses conscrits mutilés volontaire (je retrouve même un lointain cousin d'Antigny) :

 


On peut voir que les façons de se mutiler sont multiples, même si l'amputation de la première phalange de l'index est un classique (puisqu'il empêche l'utilisation du fusil), ainsi que l'arrachement des incisives (qui empêche de déchirer les cartouches de poudre).

Les lois sur les mutilés volontaires se sont étoffées au fil su 19éme siècle, et cela jusqu'à la Grande Guerre de 14-18....

Pour les sources, merci à Gallica, et aux Archives Départementales de la Vienne pour la presse locale en ligne.

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